L’histoire du jardin de la rue d’Ivry

Dans les années 1980 existait encore à cet endroit la « maison du charbonnier » dont la propriété était fermée par un portail métallique. Cette maison a été démolie à l’automne 1989, l’année de création de l’association. Il s’en est suivi 10 ans d’abandon de ce terrain et de projets divers. Le terrain était devenu un vrai dépôt sauvage d’ordures peu apprécié par les riverains. Plusieurs promoteurs se sont succédés avec des projets immobiliers différents. Je me souviens d’une pancarte qui est restée longtemps accrochée au portail et qui faisait la promotion d’une future « villa Adonis ».

A cette époque le problème du stationnement était crucial à la Croix-Rousse. Le parking Johannes Ambre existait depuis 1994 mais le parking du Gros Caillou ne sera opérationnel qu’en 2007. L’association a alors demandé à la mairie la création d’un petit jardin ou d’un parking de proximité. Il n’y a pas eu de suite à cette demande.

Nous avons ensuite appris que Bouygues envisageait d’implanter sur cet espace une antenne. Janine Cattin alors trésorière de l’association a envoyé au nom du président Joël Palomino une lettre au directeur de l’entreprise où nous demandions la réalisation de « quelque chose d’agréable pour les habitants du quartier : une coulée de béton goudronnée pour des places de stationnement agrémentée de quelques verdures décoratives et camouflantes et qui serait ainsi un don de Bouygues ». Là encore la démarche n’a pas eu de suite.

En 2001 sous l’impulsion de Joël Palomino l’association s’est attelée à la réalisation d’un plan pour un projet de jardin avec comme motif d’inspiration la soierie puisque nous sommes rue d’Ivry, à deux pas de la Maison des canuts. Le plan prévoyait la plantation de deux mûriers et la réalisation au sol d’une vitrine en forme de navette avec exposition d’objets en rapport avec la soierie.

Finalement le projet a été pris en compte par le nouveau maire Dominique Bolliet qui a remplacé cette année-là Gaby Caillet. Après toutes les démarches administratives d’usage suivies par Guylaine Gouzou-Testud adjointe de Dominique Bolliet, les travaux sont entrés en phase active en 2005. C’est l’agence Lapalu, agence croix-roussienne sise rue Belfort qui a été retenue comme conceptrice. Le jardin a pu ouvrir au public à l’été 2005. Si le projet choisi diffère de celui que nous avions présenté nous sommes fiers qu’un mûrier ait été planté pour rappeler l’épopée lyonnaise de la soierie.

Une première inauguration a eu lieu dans la foulée en présence de Gérard Collomb maire de Lyon. Dans les discours d’usage que j’ai écouté attentivement il n’y a eu aucune mention de l’action de notre association.

Des discussions ont eu lieu ensuite en mairie pour trouver un nom à ce jardin. Aucune proposition ne recueillant l’enthousiasme des participants, les habitants du quartier ont pris l’habitude de l’appeler le jardin de la rue D’Ivry.

En 2012, un an après le décès inattendu de Guylaine Gouzou-Testud, Gérard Collomb propose dans la séance du Conseil municipal de Lyon du 16 janvier 2012 d’attribuer au jardin de la rue d’Ivry le nom de son ancienne adjointe au commerce équitable.

Une deuxième inauguration a eu lieu en présence de David Kimelfeld maire du 4ème arrondissement. Je l’avais rencontré auparavant et lui avait rappelé l’histoire de ce jardin. Dans son discours il avait pris soin de rappeler le rôle de notre association dans cette création.

Rappel : Dominique Bolliet a pris la suite de Gaby Caillet comme maire du 4ème arrondissement en 2001 et a été maire jusqu’en 2008.

Les présidents de la Croix-Rousse n’est pas à vendre ont été : Marie-France Aussenac de 1989 à 1993, Alain Julliat de 1993 à 1997, Joël Palomino de 1997 à 2002, René Clocher de 2002 à 2018.